Entretien avec Anita BERCHENKO, éditrice, membre du jury 2016

Anita BERCHENKO, en tant que directrice des Éditions du 38, pensez-vous qu'en France, la littérature humoristique a de l'avenir ?

Difficile de prédire quel avenir peut avoir la littérature en général, et donc par-là la littérature humoristique. Il est un fait que l’humour apporte une dose de légèreté tout à fait appréciable en ces temps chaotiques, et que c'est un refuge à la déprime ambiante, on peut donc raisonnablement penser que l’humour dans la littérature a de beaux jours devant lui. 


D'après votre longue expérience éditoriale, quels sont les thèmes abordés dans les nouvelles qui ont le plus de succès auprès des lecteurs ?

La nouvelle, qui est un exercice littéraire extrêmement complexe, parce que court justement et complètement différent du roman, permet de condenser l’intensité d’un texte, d’un thème, d’une histoire. Ce qui va très bien à des écritures dramatiques, et les nouvelles noires restent les préférées des lecteurs, celles qui explorent les failles de l’humain, les envers des décors de nos sociétés souvent maltraitantes, les relations sociales, les petites vies qui prennent le temps d’une nouvelle un éclairage qui peut être surprenant. Ce qui n’empêche pas d’y incorporer de l’humour.


Pourquoi avoir accepté d'être partenaire de l'association Libres Plumes pour l'organisation du Prix de la Nouvelle humoristique francophone 2016 ?

J’aime tout ce qui permet de réunir des passionnés autour de la littérature, et si à mon niveau je peux participer en apportant quelques briques à la construction d’un projet, je ne me prive pas. J’aime aussi côtoyer la création littéraire, les auteurs en devenir, et les associations comme Libres Plumes sont un élément essentiel de cette vie littéraire, il m’est apparu comme une évidence d’être à vos côtés.

 

Quand vous lisez un texte, nouvelle, roman, récits, quels sont vos critères de sélection en tant qu'éditrice  ? 

Il y a forcément une part de suggestivité importante. En dehors des critères éliminatoires qui sont plus ou moins communs à tous les éditeurs, c’est-à-dire l’orthographe et la capacité à produire des phrases correctes, je peux être touchée par un texte qui nécessitera de grosses corrections, parce qu’il y a une voix, un style, une expression que je vais avoir envie de porter au plus loin possible, et je peux tout autant refuser un texte a priori parfaitement bien écrit d’un point de vue technique, mais qui manquera de la petite étincelle qui saura me séduire. Et puis, mes critères varient forcément en fonction du genre littéraire et du public visé. Il me semble important, sans toutefois se trahir, d’écouter le lecteur et de ne pas le mépriser, mais plutôt de l’accompagner vers un éclectisme dans ses lectures.


Quelles sont, pour vous, les situations qui, à l'écrit, sont susceptibles de faire rire le plus grand nombre ?

Le plus grand nombre, je ne sais pas, c’est difficile de parler pour les autres, moi en tout cas j’aime beaucoup les quiproquos qui font naître des scènes parfois délirantes. J’aime les personnages gaffeurs, ça donne un humour attachant, on a souvent de la tendresse pour eux. J'aime aussi quand les auteurs ont une forte capacité d’autodérision, et pratiquent un humour un peu détaché. Des petites touches de cynisme ou de sarcasme ne sont pas non plus pour me déplaire.


Propos recueillis par Libres Plumes

Écrire commentaire

Commentaires : 0