Entretien avec Olivier MAULIN, membre du jury 2016

Olivier MAULIN, pourquoi avoir accepté d'être membre du jury du Prix de la nouvelle humoristique francophone 2016  ? :

D’abord parce qu’on me l’a demandé gentiment ! Ensuite par curiosité, pour voir comment ça fait d’être de l’autre côté de la barrière. C’est un peu paradoxal de ma part car autant être honnête et vous le dire tout de suite : j’ai horreur des prix ! Des types (et typesses) vous jugent et vous distribue une médaille en chocolat : j’ai toujours trouvé ça un peu grotesque. Vous me direz : un prix peut susciter des vocations ? J’en doute. Un écrivain n’a pas besoin de ça pour écrire ; d’ailleurs il n’a besoin de rien et rien ne le détournera de son obsession, ni la pauvreté, ni la misère, ni une femme, ni évidemment un boulot quelconque. C’est pour ça qu’il ne faut jamais embaucher un écrivain dans son entreprise ! Il bâclera le travail et ne songera qu’à encaisser son chèque pour pourvoir écrire tranquillement son bouquin. D’où ce conseil aux écrivains : ne dites jamais à votre patron que vous écrivez (mais continuez bien sûr à bâcler le boulot !)


Dans Les lumières du ciel votre héros voyage dans un monde parallèle et pourtant bien réel. Que conseillerez-vous aux auteurs qui doivent propulser leur star préférée au 18ème siècle ? :

Un des ressorts du comique est l’anachronisme. Placer une personne d’aujourd’hui au 18e siècle est susceptible de générer de l’humour presque mécaniquement. C’est le principe du film à succès Les Envahisseurs, mais inversé. Tout ce qui est ordinaire et sans intérêt devient objet de drôlerie dans un tel contexte. Au fond, le ressort profond de cet humour, c’est la confrontation entre deux univers trop différents pour se comprendre. C’est un ressort qui marche à tous les coups.


D'après-vous, pour trouver leur star préférée devront-ils prendre une cuite comme votre bande de joyeux lurons dans Gueule de bois ?  :

Ce qui m’a intéressé dans cette cuite (on pourrait presque dire : zapoï, à la russe), ce n’est pas en soi de décrire des gens ivres, ce qui n’a aucun intérêt, c’est la liberté littéraire qu’elle donne. On peut dans ce cadre raconter n’importe quoi (ou mieux : faire semblant de raconter n’importe quoi !), s’affranchir de la logique, sauter du coq à l’âne, passer du réalisme à l’onirisme ; le récit se met à vaciller comme l’ivrogne à l’aube…


Une bonne nouvelle humoristique pour vous, en deux mots, c'est ? :

Une nouvelle qui fait rire ! 


Pour remporter votre vote, est-il possible de vous soudoyer ? Et si oui, par quels moyens ?   :

Absolument impossible, je suis intraitable, complètement fanatique.


Interview réalisée par l'association Libres Plumes


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